François PETRAULT

1944-2011

C'est dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 Mars 2011 que François Petrault s'est éteint, à l'âge de 67 ans, à Montpellier, des suites d'une hospitalisation.

Ce personnage de la vie langonnaise et lozérienne laisse derrière lui le souvenir d'un homme de combats et de convictions, enthousiaste et généreux, atypique et anticonformiste, perpétuel agitateur d'idées et de projets parfois décalés mais jamais dénués d'intérêt, et toujours motivés par cet indéfectible amour d'une Lozère qu'il était prêt à défendre et à promouvoir à la moindre occasion.

François était né le 27 Novembre 1944 à Toulouse. Après une enfance passée en région parisienne, il obtint aux Arts et Métiers un diplôme en chimie agricole et commença sa carrière à l'âge de dix-sept ans en tant qu'ingénieur chimiste chez Rhône-Poulenc.

A la fin des années soixante, lassé des aspects futiles de la vie parisienne, il hissa les voiles et s'installa dans le Lubéron, près de Reillanne, au pays de Giono, où il se consacra quelques années à la culture des melons et à l'élevage de chèvres. Après un retour à Paris où il exerça diverses activités, dont celle de vendeur de bateaux, il entreprit plusieurs voyages à travers le monde.

C'est au cours de l'un deux, en Ecosse, qu'il rencontra sa future épouse. Après un bref passage dans la région du Puy-en-Velay, il découvrit puis tomba définitivement sous le charme de la Lozère et s'installa rapidement avec sa belle-famille au Domaine du Meylet à Auroux, dont il fut l'une des chevilles ouvrières dans les années 70.

Toujours animé d'un besoin de mouvement perpétuel, il s'installa ensuite à Chastanier et entra à la mine d'uranium du Cellier, où il exerça successivement toutes les fonctions, du laboratoire de chimie à la prospection, ce qui lui avait donné une solide connaissance de la géologie lozérienne. Ce fut également l'époque des grands combats: il fut alors l'instigateur d'un mouvement de protestation couronné d'une grève de la faim dont nombre de langonnais gardent un vif souvenir.

Il prit ensuite les rênes de l'hôtel "PLM" à la gare de Langogne, mais, fragilisé par les séquelles d'un grave accident d'ULM au milieu des années 80, il entama une traversée du désert et glissa graduellement dans un alcoolisme dont, grâce à une force et une volonté qui impressionnaient tous ses proches, il se libéra définitivement en 1996 après une cure de désintoxication au Château du Boy dans le Valdonnez, dont il fut l'un des premiers pensionnaires.

Cette expérience fut sans nul doute un atout considérable pour la fin de sa carrière professionnelle, qu'il a passée au centre de post-cure les Airelles Noires à Chasseradès, où il a exercé les fonctions de maître de maison jusqu'à la fermeture définitive du centre en 2005.

Père de trois enfants dont deux résident en Lozère - ce qui était l'une de ses plus grandes fiertés -, il s'était installé en 2001 après une longue quête dans son petit paradis à Mirandol, au bord du Chassezac, où il a passé les dix dernières années de sa vie.

Jusqu'à la dernière heure, et malgré le poids de nombreux ennuis de santé depuis 2008, François restait impliqué dans de multiples combats pour la promotion et la sauvegarde du patrimoine lozérien, à travers diverses associations et mouvements militants.

 

Ma route a croisé celle de François en 2001. Enseignant en sciences de la terre à Bordeaux et alors à la recherche de sites pour illustrer à mes étudiants la géologie du Massif Central, il m'a, avec son incroyable enthousiasme, présenté un projet qui m'a sur le moment paru improbable vu mon éloignement géographique, mais que j'ai très rapidement adopté: celui de promouvoir le patrimoine géologique lozérien auprès du grand public et des scolaires. C'est ainsi qu'est née, en 2003, l'association GéoLozère, dont nous étions les deux artisans, et dont il a exercé les fonctions de trésorier depuis lors. Il m'a - sans grand effort il est vrai - transmis son amour pour la Lozère, et a fait de moi un lozérien d'adoption, certes à temps partiel, mais solidement enraciné. Je reste sur ces magnifiques terres pour perpétuer ses combats et sa mémoire.

Laurent Massé